Un prix Nobel de médecine, ancien scout belge : le témoignage de Christian de Duve

Il y a cinq ans, le 4 mai 2013, Christian de Duve (1917-2013) s’éteignait à Nethen. Docteur en médecine et biochimiste belge, ce chercheur de renommée internationale reçut le prix Francqui en 1960, puis le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1974 et fut le fondateur de l’institut de recherches scientifiques qui porte aujourd’hui son nom.

A la fin de sa vie, il entreprit de rédiger un ouvrage pour témoigner de son parcours, qu’il intitula « Sept vies en une. Mémoires d’un prix Nobel ». A sa lecture, on peut découvrir combien le scoutisme le marqua. Il fut en effet scout à la 2e troupe d’Anvers (VVKS), créée au sein du collège jésuite Onze Lieve Vrouw, où il étudia au cours des années 1930. Lui-même relate : « Ardent boy-scout, j’étais passionné par les choses de la nature. Je participais régulièrement à des excursions et des campings, dans la Campine anversoise, région sablonneuse plantée de bruyères, bouleaux et conifères, ou encore dans le décor plus sauvage et accidenté des Ardennes, collectionnant les plantes et observant les animaux. En plus, j’adorais le bricolage et passais beaucoup de temps à des activités telles que la reliure, la menuiserie, la peinture, la pyrogravure et d’autres formes de décoration, à l’entretien de mon vélo et à la construction de gadgets, tels des postes de radio à galène, des circuits téléphoniques ou des avions miniatures qui refusaient toujours de décoller. Je cherchais les pièces nécessaires dans les marchés aux puces ou dans les surplus américains, bric-à-brac d’objets hétéroclites que les troupes américaines avaient laissés en se retirant du continent européen. J’aimais tellement la pratique d’une certaine adresse manuelle que j’ai même un jour démonté complètement mon vélo, y compris les rayons des roues et les pièces du frein Torpédo, pour le seul plaisir de tout remettre ensemble après. Bien entendu, j’avais les manches couvertes de badges qui attestaient de mes nombreuses compétences » (p.27-28).

Ouverture à la découverte, sens de la débrouillardise, esprit d’initiatives se développaient déjà chez ce chercheur en devenir. A la fin de sa vie, il aura à cœur de témoigner de l’importance du scoutisme dans son parcours, en lui consacrant ses dernières lignes : « J’essaie de terminer ce parcours avec la sérénité qu’il faut et avec le sentiment de ne pas avoir entièrement failli à ma promesse scoute, tout en déplorant de ne pas avoir fait mieux ».

Thierry Scaillet

Les Cahiers du CHBS