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Le 21 rue de Dublin a 80 ans !

Voici quatre-vingt ans que la commune d’Ixelles abrite le siège de la Fédération des Scouts Catholiques, aujourd’hui dénommée Les Scouts. C’est en effet le 23 mai 1938 que la FSC achetait le 21 de la rue de Dublin, où le mouvement siège encore de nos jours. Depuis la scission linguistique du scoutisme catholique belge en 1929 et la croissance du mouvement qui s’en suivit, la nécessité d’avoir un secrétariat central pour coordonner l’évolution de la FSC apparaissait de plus en plus indispensable. Ce besoin conduisit la fédération à ouvrir, dès 1933, un premier bureau dans la Résidence des jésuites, le Gésu, au 167 de la rue Royale à Bruxelles. Ce lieu est bien connu également pour le célèbre magasin scout « Le Campeur » qui occupa le rez-de-chaussée du bâtiment durant des décennies. Manquant de place, ce bureau fut déplacé ensuite au n°11 de la place de Londres à Ixelles en 1935, avant d’acquérir le 21 de la rue de Dublin trois ans plus tard, pour devenir le siège central du mouvement jusqu’à nos jours.

Thierry Scaillet

première manifestation du Bureau Interfédéral Belge du Scoutisme

Le défilé scout de la Place des Palais du 15 mai 1938,

Le 15 mai 1938, les scouts catholiques belges (FSC et VVKS) fêtaient leur 25e anniversaire à Bruxelles, avec un an de retard. Ce délai s’explique par la volonté des fédérations scoutes de pouvoir défiler devant le Palais royal en présence du Roi Léopold III. Ce dernier étant toutefois le Roi de tous les Belges, il était impératif que tous les scouts belges, y compris les pluralistes, y soient alors représentés. Pour concrétiser ce projet, les différentes associations vont dès lors dialoguer entre elles pour créer un organe de coordination et de rencontres où se retrouveraient BSB, FSC et VVKS. Le 1er mars 1938, ces discussions aboutirent à la création du Bureau Interfédéral Belge du Scoutisme (BIBS), lointain ancêtre de Guidisme et Scoutisme en Belgique (GSB), dont la première activité d’envergure fut la réalisation de ce grand défilé scout sur la Place des Palais, le 15 mai 1938, il y a 80 ans. Outre les scouts catholiques et pluralistes, les guides belges furent également de la fête, ainsi que des délégations venues de France, des Pays-Bas, du Luxembourg, d’Angleterre et de Pologne. Cet événement d’ampleur sera par ailleurs le premier à être honoré de la participation officielle du Roi dans l’histoire du scoutisme belge.

Thierry Scaillet

Conférence : Les scouts musulmans bruxellois face à la pudeur

Ce 17 mai à l’UCL (Louvain-la-Neuve), conférence de Tess Malcourant sur « Les scouts musulmans bruxellois face à la pudeur » dans le cadre des « Jeudis de l'(in)tolérance » de la Chaire Tolérance de l’Institut de Recherche Religions, Spiritualités, Cultures et Sociétés. Inscriptions et informations ici.

Un prix Nobel de médecine, ancien scout belge : le témoignage de Christian de Duve

Il y a cinq ans, le 4 mai 2013, Christian de Duve (1917-2013) s’éteignait à Nethen. Docteur en médecine et biochimiste belge, ce chercheur de renommée internationale reçut le prix Francqui en 1960, puis le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1974 et fut le fondateur de l’institut de recherches scientifiques qui porte aujourd’hui son nom.

A la fin de sa vie, il entreprit de rédiger un ouvrage pour témoigner de son parcours, qu’il intitula « Sept vies en une. Mémoires d’un prix Nobel ». A sa lecture, on peut découvrir combien le scoutisme le marqua. Il fut en effet scout à la 2e troupe d’Anvers (VVKS), créée au sein du collège jésuite Onze Lieve Vrouw, où il étudia au cours des années 1930. Lui-même relate : « Ardent boy-scout, j’étais passionné par les choses de la nature. Je participais régulièrement à des excursions et des campings, dans la Campine anversoise, région sablonneuse plantée de bruyères, bouleaux et conifères, ou encore dans le décor plus sauvage et accidenté des Ardennes, collectionnant les plantes et observant les animaux. En plus, j’adorais le bricolage et passais beaucoup de temps à des activités telles que la reliure, la menuiserie, la peinture, la pyrogravure et d’autres formes de décoration, à l’entretien de mon vélo et à la construction de gadgets, tels des postes de radio à galène, des circuits téléphoniques ou des avions miniatures qui refusaient toujours de décoller. Je cherchais les pièces nécessaires dans les marchés aux puces ou dans les surplus américains, bric-à-brac d’objets hétéroclites que les troupes américaines avaient laissés en se retirant du continent européen. J’aimais tellement la pratique d’une certaine adresse manuelle que j’ai même un jour démonté complètement mon vélo, y compris les rayons des roues et les pièces du frein Torpédo, pour le seul plaisir de tout remettre ensemble après. Bien entendu, j’avais les manches couvertes de badges qui attestaient de mes nombreuses compétences » (p.27-28).

Ouverture à la découverte, sens de la débrouillardise, esprit d’initiatives se développaient déjà chez ce chercheur en devenir. A la fin de sa vie, il aura à cœur de témoigner de l’importance du scoutisme dans son parcours, en lui consacrant ses dernières lignes : « J’essaie de terminer ce parcours avec la sérénité qu’il faut et avec le sentiment de ne pas avoir entièrement failli à ma promesse scoute, tout en déplorant de ne pas avoir fait mieux ».

Thierry Scaillet

Les Cahiers du CHBS